Cette année, j’ai énormément joué (article de stats annuel en approche !). Et tout ce temps devant l’écran m’a fait vivre de très bons moments sur nombre de jeux que j’ai envie de mettre en avant. Pas nécessairement des jeux sortis en 2025 (même s’il y en a un certain nombre au final), décidément pas dans un ordre précis, donc je livre en vrac des catégories créées sur mesure pour ces jeux. Attention à l’avalanche.

Meilleur jeu : Blue Prince
Un jeu m’a impressionné plus que tout autre cette année. La mécanique de jeu principale, construire une maison pièce par pièce, est tellement brillante, simple et riche, que je me demande si c’est bien le premier jeu à la proposer. Mais en tout cas, elle est magnifiquement utilisée, avec son aspect gestion (les gemmes, les pièces, les clés, les pas, l’espace disponible, la rareté, les conditions spéciales), et les secrets à trouver dans chaque salle ou combinaison de salles. Même si je n’ai pas réussi à découvrir tous les secrets par moi-même, il y avait toujours plusieurs pistes à suivre, des hypothèses à vérifier, une histoire à comprendre pour maintenir l’intérêt et les découvertes après des dizaines d’heure. Et une fois que je me suis spoilé les dernières étapes, comment ne pas être impressionné par l’ensemble, toutes ces parties qui s’emboitent et ces détails qui se répondent.

Meilleure expérience multijoueurs : Arc Raiders
Au delà du plaisir simple d’affronter d’énormes robots mécaniques (et de looter et grinder son équipement), c’est surtout l’esprit de coopération dont font preuve une bonne majorité des joueurs qui m’a conquis, dans un titre qui favorise pourtant les coups bas.
Mentions honorables : les courses de Lonely Mountains Snow Riders, les constructions communautaires de Death Stranding.

Meilleurs personnages : Lost Records: Bloom & Rage
J’ai adoré incarner l’introvertie Swann, qui préfère souvent la médiation de son caméscope pour interagir avec le monde extérieur, et faire la connaissance de cette bande d’adolescentes, particulièrement la très intense Kat, mais aussi la punk vaniteuse Nora et la skateuse responsable Autumn. Les voir adultes permet aussi de bien contraster et enrichir leurs personnalités.
Mention honorable : l’équipage hétéroclite de Citizen Sleeper 2: Starward Vector

Meilleure tranche de vie : Despelote
Même si le jeu se déroule à l’autre bout du monde en Equateur, Despelote m’a fait replonger dans ma propre enfance, cette période de l’école primaire où je jouais au foot ou à la console chez les copains ou dans le parc après l’école, on s’inventait plein de jeux, nos parents n’avaient qu’une vague idée d’où on était, et il fallait rentrer pas trop tard pour ne pas se faire disputer. Cette capsule mixant nostalgie et découverte d’une culture bien différente m’a conquis, et montre l’exemple pour des jeux plus personnels.
Mention honorables : Consume Me qui m’a rappelé les tensions de ma période prépa, et Killer Frequency qui nous permet de devenir un présentateur radio le temps d’une soirée d’horreur.

Meilleurs builds : Clair Obscur Expedition 33
Clair Obscur s’est permis tous les excès sur les builds, en dotant chaque personnage d’un système original différent, mais toujours très riche de possibilités, avec des compétences spécifiques à chacun, à leurs armes, ou avec des bonus équipables par tous, avec des synergies dans tous les sens, pour un plaisir que le jeu laisse sciemment non bridé.
Mentions honorables : les synergies également abusées de The Lamplighters League, la customisation particulièrement avancée dans Lies of P

Jeu le plus drôle : Consume Me
Le thème du jeu n’est pas foncièrement drôle, mais tout le reste est hilarant : le style graphique, l’animation de chaque réveil, les minijeux exagérés comme la gym, le maquillage ou sortir le chien, les dialogues avec la mère, les crises de panique existentielles à chaque objectif qui se rajoute. Et la gestion de ses journées est aussi un joli casse-tête.
Mentions honorables : les situations absurdes de Thank Goodness You’re Here!, les droïdes de Star Wars Jedi Survivor

Suite la plus améliorée : Star Wars Jedi Survivor
Je n’avais pas particulièrement aimé Fallen Order, la faute à des combats trop punitifs, des niveaux couloirs pénibles à revisiter avec des collectibles ridicules, et une histoire qui m’avait perdu en chemin et gâchait de bons personnages. Et Jedi Survivor a presque tout résolu : les combats sont plus accessibles et spectaculaires et les zones sont un plaisir à explorer. Les persos et le scénario sont peut-être un peu en retrait mais ça se suit sans peine.
Mentions honorables : Ghost of Yotei qui se prend moins au sérieux, Sniper Elite 5 qui lorgne côté Hitman, Tangle Tower beaucoup plus charmant, Sackboy A Big Adventure avec son accent sur la plateforme rythmée

Meilleur jeu de sport : Lonely Mountain Snow Riders
Tout est là, le plaisir simple de la glisse, la découverte des pistes et des raccourcis, la tension d’éviter les chutes, et en multi, la gestion risque/récompenses de tenter ces raccourcis sans tomber et devoir recommencer la section.
Mention honorable : Skate, content de le retrouver, surtout en free to play.

Meilleur jeu de cartes : Card Shark
Récompense très littérale pour ce titre qui nous apprend de vrais tours et arnaques dans une France du XVIIIe siècle. Ce que j’ai aimé, c’est le côté laborieux de la préparation : le jeu nous inonde de nouveaux tours à maitriser, avec toujours plus de manipulations et de signaux à se rappeler, de cartes à compter, qui demandent de s’entrainer longuement avec son mentor pour pouvoir les exécuter sous pression en conditions réelles sans se faire attraper par les nobles et bourgeois qu’on détrousse.

Meilleur metroidvania : Animal Well
Je ne suis pas très fan de ce genre de jeux, qui par nature oblige à des allers retours vers des obstacles strictement infranchissables, mais les power ups d’Animal Well ne débloquent pas simplement les niveaux comme une clé sur une porte, il faut encore trouver comment les utiliser à bon escient. Et ces gadgets sont vraiment originaux et ont des usages ingénieux initialement insoupçonnés. L’ambiance surréelle et mystérieuse du titre parachève d’en faire une référence du genre.

Meilleur jeu tactique : The Lamplighters League
The Lamplighters League, c’est XCOM 2 revu et corrigé : une ambiance à la Indiana Jones occulte avec un design cartoon charmant, une galerie de personnages hauts en couleurs avec des pouvoirs spécifiques aux synergies jouissives, qu’on apprend à connaitre grâce aux dialogues dans notre base, un petit côté infiltration en temps réel pour dynamiser les amorces de combats. Y’avait apparemment des bugs au lancement, je n’en ai rencontré aucun.

Meilleurs déplacements : Dying Light 2: Stay Human
La progression du parkour dans ce jeu est vraiment gratifiante. Au début, on tâtonne à réussir des lignes fluides, à conserver son élan, pour passer de toit en toit et échapper aux zombies. Puis, quand on arrive dans la deuxième zone, on se retrouve avec une palette très riche qui permet de courir sur les murs, planer en parachute, enchainer les tyroliennes à un rythme fou et de laisser libre cours à son inspiration entre les buildings.
Mentions honorables : la marche de Death Stranding, les cabrioles de Star Wars Jedi Survivor, la glisse de Solar Ash et de Lonely Mountains Snow Riders, les pas de côté qui bouclent d’Arranger

Meilleure fiction interactive : Expelled!
Verity Amersham, piquante élève d’un pensionnat de jeunes filles en 1921, va devoir prouver son innocence en étant au bon endroit au bon moment avec la bonne réplique pour trouver les bons indices, au fil de différents runs, bien aidée par certains choix de design pour éviter les temps morts et redites. Elle va aussi devoir apprendre qu’être sage comme une image n’est pas toujours la meilleure option, et ainsi nous challenger dans nos habitudes de jeux narratifs à embranchements.
Mentions honorables : le space opera de Citizen Sleeper 2: Starward Vector

Meilleur scénario : 1000xResist
Un jeu narratif qui nous challenge constamment de comprendre l’histoire, répartie sur une longue durée et de multiples générations, pleine de rebondissements et mixant l’époque contemporaine et une futur de science-fiction original. C’est à la fois cérébral et très émotionnel, parlant de politique, d’immigration, de famille, de la mort, le tout avec une mise en scène impressionnante.
Mentions honorables : l’introspectif Citizen Sleeper 2: Starward Vector, le piquant Expelled!, le stimulant Indika

Meilleure surprise : Another Crab’s Treasure
Le jeu ressemble à une blague, où le développeur aurait simplement fait un soulslike sous l’océan avec un bernard l’ermite. Sauf que tout est excellent, de l’écriture drôle et acerbe (mêlant écologie, critique du capitalisme et gags), à la direction artistique (le homard en cavalier, les briques de lait en maisons, et la pelure d’orange en coiffure), en n’oubliant pas le gameplay (ajout d’un grappin pour la plateforme et le combat, gestion des carapaces avec différents pouvoirs) ni la musique. Une perle.
Mentions honorables : Type Help, Killer Frequency

Meilleure exploration : The Occupation
J’ai adoré fureter dans les bureaux de The Occupation, passer dans les conduits de ventilation comme dans une immersive sim, recouper les notes laissées pour retrouver le mot de passe d’un ordinateur ou le code d’un coffre fort, me cacher sous les tables du gardien qui fait sa ronde, tout ça pour essayer d’acumuler assez de preuves pour coincer les reponsables que je dois interviewer. Les missions sont en temps limité, mais j’ai préféré recharger les niveaux pour pouvoir arriver à mes fins plutôt que de se subir les conséquences.
Mention honorable : les niveaux Hitmanesques d’Indiana Jones et le Cercle Ancien

Meilleure fin : Indika
Nous faire jouer une nonne orthodoxe dans la Russie du XIXe siècle, avec des interludes 8bit n’est déjà pas courant, mais le jeu a surtout le don de faire monter progressivement les questionnements de sa protagoniste en proie au démon tout au long du jeu, avant de finir par une révélation aussi attendue que percutante. J’avoue avoir un faible pour les histoires discutant de la foi (La Puissance et la Gloire de Graham Greene, Silence de Scorsese, même Wake Up, Dead Man de Johnson plus récemment), et Indika s’intègre parfaitement à cette liste.
Mentions honorables : La fin du DLC de Citizen Sleeper 1, la fin surprenamment radicale d’Another Crab’s Treasure.

Meilleur DLC : The Rise of the Golden Idol: Sins of New Wells & The Lemurian Phoenix
The Rise of the Golden s’est confirmé comme un de mes jeux d’enquête préféré avec ses DLC. La variété de chacune des scènes, en termes de scénario et d’ambiance, construisent un univers particulièrement riche et intéressant, aussi absurde que le nôtre. Ma plus grande déception de l’année est que le jeu ait été retiré de l’abonnement Netflix en cours d’année, me privant des deux derniers épisodes (j’attends toujours un retour sur mobile évoqué par les devs)

Meilleures armes : Indiana Jones et le Cercle Ancien
Les développeurs MchineGames s’en sont donné à coeur joie pour faire des combats du jeu des séances chaotiques de castagne au corps à corps, mêlant un fouet cinglant, des armes de fortune souvent grotesques comme une tapette à mouche ou une guitare, et les poings d’Indy aux bruitages cartoonesques. Les quelques armes à feu sont plus souvent utilisées pour donner un coup de crosse que tirer. Le résultat est donc un jeu qui incite à l’infiltration, mais où l’on finit souvent en baston décousue mais satisfaisante, à l’image des films. Quand même étrange de jouer à un jeu MachineGames qui n’incite pas à tuer les nazis…
Mentions honorables : Les coups de colis en pleine tête dans Death Stranding, les katanas et kurasigama létaux de Ghost of Yotei, l’arsenal impressionnant et customisable de Lies of P, la fourchette d’Another Crab’s Treasure

Plaisir coupable : Assassin’s Creed Mirage
J’attendais un retour vers moins de loot, moins de levelling, et juste des assassinats. J’ai eu ça, mais sans plus, le parkour étant lourdaud (il sauve les apparences avec un level design qui permet de passer de toit en toit facilement), les enquêtes désespérement sur rails, et le scénario bien pauvre. Mais je me suis quand même amusé à m’infiltrer dans les monuments de cette magnifique Bagdad, et à éliminer ces gardes pas très malins. La culpabilité a quand même eu le dessus à la sortie du DLC financé par l’Arabie Saoudite.

Meilleur jeu cozy : Little Kitty Big City
On joue un chat avec des priorités de chat : chasser les pigeons, trouver un coin confortable au soleil pour roupiller, grimper sur les balcons pour faire tomber les pots de fleurs. La direction artistique est mignonne, les quêtes sont marrantes, le quartier japonais dans lequel on se promène est animé, j’ai passé un excellent moment.
Mentions honorables : Botany Manor, Strange Horticulture, Arranger: A Role Puzzling Adventure, Tangle Tower

Meilleur jeu mobile : LOK Digital
Un jeu de lettres ou l’on doit former des mots-clés qui ne sont pas des mots mais des capacités à noircir des cases. La découverte des subtilités de chaque lettre introduite (quels nouveaux mots et quelles capacités) enrichit les possibilités offertes à chaque grille à un rythme très accessible. il y a des grilles expertes pour les mordus, mais le chemin critique est déjà bien stimulant, et même les grilles quotidiennes ont plusieurs niveaux de complexité, donc on n’est jamais mis au ban par notre paresse intellectuelle.
Mention honorable : le puzzle logique de Clues by Sam, les différents modes de Cine2Nerdle.

Meilleur jeu d’enquête : Type Help
La récompense la plus disputée au vu du nombre de jeux d’enquête auquel j’ai joué cette année. Mais l’enquête purement textuelle de Type Help, qui nous présente des verbatims de scènes et nous demande d’en déduire les scènes d’après et d’en apprendre plus sur les personnages, leurs motivations, et surtout ce qu’il se passe est brillante. Il est à la fois assez logique et simple (sans être trop susceptible aux méthodes par force brute) de trouver les différentes scènes, mais comme un Her Story par exemple, comprendre ce qui se trame est autrement plus ardu et moins guidé. Formellement très élégant, j’ai du mal à voir comment le remake prévu (renommé The Incident at Galley House au passage) pourra retranscrire les forces d’évocation et d’obfuscation de celui-ci.
Mentions honorables : Expelled! qui nous met directement sur le terrain pour trouver les indices, The Roottrees Are Dead au concept généalogique très sympa, No Case Should Remain Unsolved, les DLC de Rise of the Golden Idol, et Blue Prince évidemment.
Le mot de la fin
Merci si vous avez eu le courage de me lire (même partiellement !). Cet article sera suivi d’un fil BlueSky sur mes musiques préférées des jeux auxquels j’ai joué cette année, et de mon habituel article rempli de stats et de graphs sur mon année de jeux. En attendant, je vous souhaite une excellente année 2026 !